Test – Dragon Ball Z Kakarot (PS4)

Dragon Ball, l’un des grands noms du manga depuis sa première publication fin des années 80, a connu un nombre incalculable d’adaptations, dont pléthore de jeux vidéo. Après un Xenoverse 2 ultra complet plein de fanservice et un FighterZ magnifique qui a réconcilié la licence avec du Versus Fighting pur, Dragon Ball Z Kakarot souhaite aussi changer la donne avec une expérience plus immersive et plus fidèle à l’anime. Le jeu de Bandai Namco et CyberConnect2 réalisera-t-il ses ambitions pour devenir l’adaptation ultime, ou restera-t-il à regarder ses aînés depuis le banc de touche tel Chaozu ?

Conditions du test :
Test réalisé sur ma PS4 Pro, à partir d’une version commerciale (édition standard du titre avec bonus de précommande), après pas loin de 60h de jeu, un trophée Platine, beaucoup de nostalgie et Cha-la Head-Cha-La en boucle dans la tête.

Le synopsis :
L’histoire de Dragon Ball Z, tout le monde la connaît – sauf peut-être les plus jeunes qui ne jurent que par Super – : après maintes aventures lorsqu’il était enfant, Son Goku vit désormais des jours paisibles en compagnie de sa femme Chichi et son jeune fils Son Gohan. Du moins jusqu’à l’arrivée d’un mystérieux personnage, Radditz, qui prétend non seulement venir d’un peuple de guerriers de l’espace, les saiyans, mais aussi être le grand frère de Goku. Face au déni de ce dernier, il décide de kidnapper le jeune Gohan et c’est alors que les aventure de Goku et ses amis débutent de nouveaux. S’en suivra une série de rencontres et de confrontations toutes plus épiques les unes que les autres.

Son père était un héros, le grand, le vaillant Son Goku !

Des adaptations, comme je le disais plus haut, le manga en a connu des tonnes d’adaptations jusqu’à être aujourd’hui plus une licence qu’une oeuvre : l’anime Dragon Ball Z (de la naissance de Gohan à la fin de Buu) a certainement éclipsé le manga dans la mémoire de beaucoup de fans tandis le jeu vidéo est clairement le média qui a le plus permis à la saga de survivre depuis la fin de l’anime Dragon Ball GT à sa reprise avec Super. C’est donc sans surprise que la plupart des adaptations vidéoludiques se sont surtout contentés de proposer du jeu de combat avec pour trame de fond les plus grands affrontements des arcs principaux : Saiyan, Freezer, Cell Games et Buu.

Dragon Ball Z Kakarot reprend aussi cette formule mais se démarque quand même d’un Budokai 3 ou d’un Xenoverse en poussant l’adaptation plus loin que nécessaire en proposant une véritable aventure, une expérience plus complète, plus personnelle et surtout plus immersive de l’histoire de Son Goku et des guerriers Z.

C’est l’ambition présentée dans ce titre affublé d’un « Kakarot » (nom saiyan de Son Goku) qui était censé nous rappeler que le titre allait se concentrer sur la les vies et la les morts du protagoniste, quelque-chose d’un peu plus intime quoi, jusqu’à se demandait si l’on allait pouvoir jouer d’autres héros que Goku. Alors plus intimiste, dans un sens oui puisque l’on a le droit à de nombreux moments de vie du personnage mais au final, non seulement certains passages cools manquent à l’appal (quid de la traversée du chemin du serpent dans l’au-delà ?) mais en plus, paradoxalement vu que les développeurs se sont attelés à faire l’adaptation la plus complète, on joue beaucoup plus Gohan ou Vegeta que Goku, comme dans le manga quoi.

Une célébration
Autant le jeu pêche sur plusieurs aspects comme vous pourrez le lire, autant s’il y a un truc qu’on ne pourra reprocher aux développeurs c’est leur passion pour la licence.

Non seulement le jeu revient sur des moments habituellement oubliés des autres adaptations vidéoludiques, mais il contient carrément une encyclopédie ultra complète : informations sur le monde, les personnages, les attaques ou encore les musiques originales de l’anime, vous en apprendrez beaucoup – que vous soyez fan de longue date ou non. Le jeu se paie le luxe de proposer des scans des cartes à collectionner Dragon Ball Carddass traduites en français.

Enfin si le jeu est complet, on pourra regretter que le soin apporté à la présentation de l’intrigue soit aussi inégale : le jeu prend le temps de bien poser chaque arc mais certaines scènes cultissimes de l’anime (mort de C-16 par exemple) sont expédiées beaucoup trop rapidement et perdent en puissance.

Quand Goku mange à tous les râteliers

Manette en main, cette ambition se traduit comment ?
Déjà on notera l’apparition d’un monde semi-ouvert : vous allez pouvoir parcourir à loisir de très grandes zones de jeu interconnectées par une worldmap. Si on peut p’têt déplorer de ne pas avoir un véritable monde ouvert, on n’est pour autant pas en reste vu la taille de chaque zone à parcourir et qui contiennent toutes des lieux incontournables comme Satan City, Capsule Corporation, la planète Kaïo ou encore la planète Namek.

C’est pas rien puisque le jeu vous demandera de parcourir lesdites zones en long et en large qu’il s’agisse d’aller d’un point A à un point B pour déclencher la suite de l’histoire, de faire des quêtes annexes, de chercher des ingrédients pour du craft, de participer à des mini-jeux, de farmer de l’xp sur des ennemis du pif ou encore de ramasser des orbes Z. Malheureusement, autant c’est un véritable plaisir que de (re)découvrir tous ces lieux cultes, autant ça devient vite pénible de voyager lorsque l’on veut par exemple très vite enchaîner certains passages de l’intrigue ou que l’on se fait prendre en chasse toutes les deux secondes par des ennemis pas intéressants.

A la lecture de ces dernières lignes, vous aurez vite deviné que ce Dragon Ball Z Kakarot vient aussi lorgner du côté des RPG dont il emprunte pas mal de mécaniques sans pour autant exceller

Comme tout bon RPG, vous pourrez faire monter de niveau les personnages jouables et leurs soutiens pour améliorer leurs stats et déverrouiller de nouvelles techniques secrètes en combattant.
Vous avez aussi accès à un arbre de compétences mais ne vous attendez pas à un sphérier à la Final Fantasy X, il s’agit seulement de dépenser les orbes Z glanés en combat ou en exploration pour débloquer ou améliorer vos attaques spéciales.

Le jeu propose aussi son lot de quêtes annexes, l’occasion de revoir certains visages familiers du manga et de l’anime comme Franky, et de mini-jeux pas terribles (courses de voiture/robots bipèdes et baseball…). Là encore, rien de foufou : la plupart du temps, les personnages ne vous demanderont que d’aller rapporter des items spécifiques ou de battre un ennemi du pif. Mais de temps à autre, y a des quêtes qui permettent d’explorer le passé de Goku avec certains personnages secondaires, ce qui est vraiment sympa.

Goku et ses potes
Là où le titre brille un peu dans sa dimension RPG, c’est dans son système de tableau communautaire : au fil de l’intrigue ou en récompense à certaines quêtes, vous récupérerez des emblèmes d’âmes. Chacun représente un personnage différent que vous pourrez placer dans l’une des 7 communautés (entraînement, cuisine, guerriers Z, création et j’en passe) selon ses statistiques pour obtenir des bonus passifs variés.

Le but du jeu sera de récolter le plus de personnages en les répartissant dans les communautés les plus adaptées pour faire monter de niveau lesdites communautés et glaner plus de bonus. En associant certains personnages sur la même ligne de tableau, vous pourrez débloquer des mini-conversations amusantes et grapiller quelques points bonus. Enfin il sera possible aussi de faire monter le niveau d’amitié de ces personnages en leur faisant des cadeaux pour obtenir des objets. Un système loin d’être indispensable mais quand même bien sympa pour peu que l’on se penche dessus.

Globalement faut dire que cet aspect reste quand même très anecdotique, au point où l’on se demande s’il est vraiment nécessaire tant le jeu nous abonde de points d’xp pour nous mettre à niveau avant chaque grand combat de l’histoire. Pas question alors de farmer les monstres entre deux bouts d’histoire, d’autant plus qu’il ne rapportent pas grand-chose.

Fight

Si le jeu reprend le gameplay de base nerveux d’un Xenoverse (à base de coups faibles/forts, de kikoha, de transformations et de coups spéciaux), il y ajoute une dimension stratégique très très légère. Si tout se déroule en temps réel, le jeu offre des ralentis tactiques lorsque l’on ouvre les commandes d’attaques spéciales ou lorsque vous voulez donner des ordres aux deux personnages soutiens qui vous suivent – pour peu que vous ayez constitué un groupe avant. En dehors de ça et des téléportations utilisables à souhait d’une pression de bouton pour esquiver les attaques, le jeu ne brille pas puisqu’il n’offre rien de fondamentalement nouveau pour quiconque à déjà touché à un jeu Dragon Ball depuis Tenkaichi sur PS2 et propose même moins d’actions qu’un Xenoverse 2.

Malheureusement, on roule sur les ennemis de base et on se retrouve à spammer les mêmes attaques à chaque rencontre qui deviennent de simples pertes de temps. La difficulté vient alors d’esquiver habillement les affrontements ou de foncer avec précision dans les ennemis sur la map pour achever le combat en un coup avant même qu’il ne puisse débuter.

Des combats de boss spectaculaires
La donne change clairement dès lors que l’on est confronté à un des nombreux boss du titre : le combat devient plus stratégique et mieux rythmé puisqu’il devient impossible de bourrer l’ennemi sans être puni – parfois très violemment – et qu’il faudra anticiper les actions spéciales du boss. C’est aussi l’occasion d’assister à des chorégraphies super propres et particulièrement impressionnantes sur fond de musiques originales de l’anime.

Mention spéciale à Bonyu, ancienne membre oubliée du Commando Ginyu et nouveau personnage crée par Toriyama, qui offre des combats épiques et des punchlines vraiment sympas !

Le verdict

Malheureusement en essayant de se démarquer de ses pairs, Dragon Ball Z Kakarot emprunte à beaucoup de genres vidéoludiques sans jamais briller. Pour autant le jeu est loin d’être mauvais et possède de grandes qualités qui en font une très bonne adaptation, je dirai même de ce titre qu’il est à prendre véritablement comme une célébration de tout Dragon Ball et en ce sens, CyberConnect 2 et Bandai Namco ont bien rempli leur rôle. Si vous aimez l’oeuvre de Toriyama dans son ensemble, je ne peux que vous conseiller de foncer vous procurer ce jeu ! Pour les autres, vous aurez le droit à un jeu d’action-RPG léger plutôt sympathique à grignoter pour peu que vous ne soyez pas trop exigeant.

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